3 – Place du bateau – embarcadère du bateau de La Bouille
Le village de La Bouille a toujours eu une vocation touristique et une tradition gastronomique :
« Dans ce village qui est à Rouen ce que Saint-Cloud et Joinville sont à Paris, un lieu de plaisir, où l’on vient le dimanche faire du canotage et des dîners champêtres ». Souvenirs d’un blessé,1872.
« Quand, après une semaine remplie de travail, il avait le dimanche quelques heures de liberté, il trouvait naïf autant que fastidieux de les donner à une femme qui aurait voulu « le noyer de sentiment » comme il disait, c’est-à-dire se promener en bateau sur la Seine, ou bien s’en aller à La Bouille ou à Moulineaux courir la forêt, ramasser des fleurs, cueillir des fraises ». Complices, 1892
« Jusque-là, toutes les distractions de la famille consistaient en promenades aux environs le dimanche, aux roches d’Orival, au chêne de la Vierge, en parties dans la forêt qui, quelquefois, en été, se prolongeaient par le Château de Robert-le-Diable jusqu’à La Bouille, pour y manger des douillons et des matelotes* » Baccara, 1886.
*Matelotes d’anguilles
Rémi, héros de Sans famille, de passage dans le village, questionne les Bouillais. Hector Malot, qui connaissait bien le caractère de ses congénères, avait remarqué que les Normands ne répondent jamais quand on leur pose une question directe :
« Sois certain que c’est sur la Seine que Mme Milligan a promené son fils malade, me dit-il.
- C’est ce que nous allons savoir, en faisant causer les gens du village qui est en dessous. Mais j’ignorais alors qu’il n’est pas facile d’interroger les Normands, qui répondent rarement d’une façon précise et qui, au contraire, interrogent eux-mêmes ceux qui les questionnent.
- C’est-y un batiau du Havre ou un batiau de Rouen que vous demandez ?
- C’est-y un bachot ?
- C’est-y une barquette, un chaland, une péniche ?
Quand nous eûmes bien répondu à toutes les questions qu’on nous posa, il fut à peu près certain que le Cygne n’était jamais venu à La Bouille, ou que, s’il était passé, c’était la nuit, de sorte que personne ne l’avait vu. De La Bouille, nous allâmes à Rouen, où nos recherches recommencèrent ; mais sans meilleur résultat » Sans famille, 1878.